10 chaînes TV se partagent un marché publicitaire de plus de 10 milliards Fcfa

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10 chaînes TV se partagent un marché publicitaire de plus de 10 milliards Fcfa

APA-Abidjan (Côte d’Ivoire) – Dix chaînes de télévision, y compris le Groupe RTI (RTI1, RTI2, La 3, publiques), se partagent, en Côte d’Ivoire, un marché publicitaire entre 10 et 13 milliards de Fcfa.

Pour assurer la pérennité du secteur, la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA, régulateur) a organisé jeudi à Abidjan une table ronde autour du thème « La viabilité économique des opérateurs de la TNT en Côte d’Ivoire: défis et stratégies ».

Cette réunion, la première regroupant en un même lieu les acteurs de la Télévision numérique terrestre (TNT) en Côte d’Ivoire, a permis d’aborder les questions cruciales de la viabilité économique des opérateurs de la TNT.

M. Fabrice Sawegnon, PDG de Life TV, a fait observer que pour les chaînes de télévisions privées le principal modèle économique est la publicité, « et ce marché aujourd’hui est bien à la traîne par rapport à ce qu’ on aurait pu imaginer ».

« On est aujourd’hui sur un marché (publicitaire estimé) entre 10 et 13 milliards Fcfa, qui est largement en dessous des prévisions qui étaient au moins au double », a-t-il dit, ajoutant que « ce petit marché de 10 milliards est exploité par plus de 10 chaînes ».

« On a investi 12 milliards Fcfa et on a un marché publicitaire de 10 milliards Fcfa partagé par dix chaînes de télévision », proposant une exonération des coûts de diffusion sur les trois premières années d’exploitation.

En réalité, soulignera-t-il, « il y a que six chaînes TNT qui ont reçu effectivement le droit d’émettre en TNT (…) on se rend compte qu’ il y a des chaînes qui ne paient aucune forme de redevance ou de coûts supportés par les opérateurs de la TNT ».

Il a soutenu que « la redevance télé doit être partagée équitablement, ce n’est pas une redevance RTI, c’est une redevance télévisuelle, alors cet argent doit aider à financer l’ensemble du secteur, à défaut on peut trouver d’autres formules » tel un retrait de la RTI sur des zones de grandes écoutes comme c’est fait en France.

« La RTI, sa redevance, c’est quasiment 10 milliards Fcfa aujourd’hui, il est important de savoir que c’est un montant très important qui doit aider l’ensemble du secteur », a-t-il suggéré, souhaitant « une régulation plus équitable » au niveau de la publicité.

Pour lui, les chaînes qui ne subissent pas les mêmes contraintes que les opérateurs privés de la TNT en termes d’investissement et de cahier de charges, de redevance, de charges locales, « puissent partager le même gâteau avec des chaînes » qui ont ces charges.

Le directeur général de NCI (Nouvelle chaîne ivoirienne), Ange Fabien Guéi, a appelé à une baisse de la redevance payée à la HACA et à la Société ivoirienne de télédiffusion (IDT), chargée du déploiement de la Télévision nationale terrestre (TNT).

M. Guéi a relevé que NCI a fait un investissement entre 10 et 12 milliards Fcfa, faisant remarquer que la chaîne de télévision assure 3 à 4 milliards Fcfa de charges mensuelles pour un marché publicitaire d’à peu près 12 milliards Fcfa.

Il a demandé à l’IDT d’accélérer l’implantation de la TNT dans tout le pays afin qu’ il y ait un taux de pénétration important dans les foyers. Il a aussi souhaité une « mesure d’audience dans laquelle tous les opérateurs se reconnaîtront ».

Quant à Jean-Philippe Kaboré, PDG de Optimum Media, éditeur de la chaîne télé 7 Info dont le lancement est prévu le 15 septembre 2021, a plaidé pour une réduction de la redevance de 250 millions Fcfa payée au lancement d’une chaîne Tv en Côte d’Ivoire.

M. Damiano Malchiodi, directeur général de A+Ivoire, a estimé que la licence est « trop élevée », invitant les autorités à adopter « un cadre réglementaire plus fort » pour que les opérateurs profitent de la manne publicitaire.

Le président de la HACA, Me René Bourgoin, a mentionné que des opérateurs ont été autorisés, certes, depuis 2016, mais c’est seulement en 2019 pour certains, 2020 pour d’autres que ces opérateurs ont véritablement commencé leur exploitation.

Concernant la redevance RTI collectée auprès du contribuable, Me Bourgoin a laissé entendre que « c’est au coeur des débats pour nombre d’opérateurs qui souhaitent qu’elle soit répartie entre eux, la RTI 50% et les 50% restant entre tous les autres opérateurs ».

« Le tout est de savoir si cela peut-être accepté, si cela est faisable. Nous ne sommes pas une instance qui va prendre aujourd’hui des décisions, nous en discutons en ensuite nous verrons les propositions qui nous semblent utiles de faire au gouvernement », a-t-il poursuivi.

Le financement des contenus est le nerf de la guerre pour avoir de l’audience chez les opérateurs de la TNT. En plus de cette charge, ils font face au transport du signal, aux impôts et aux charges salariales. Dans ce contexte de Covid-19, ils ont besoin d’un accompagnement de l’Etat.

AP/ls/APA